La fin de l’oxyde d’éthylène dans l’Union européenne : comprendre la décision réglementaire
Depuis plusieurs décennies, l’oxyde d’éthylène (OE) était utilisé dans de nombreux secteurs comme agent de stérilisation, notamment pour les dispositifs médicaux, certains produits pharmaceutiques et, dans le domaine patrimonial, pour la désinfection de documents graphiques, d’archives et de supports sensibles. Cependant, cette molécule a toujours été classée parmi les substances présentant des risques importants pour la santé humaine et l’environnement.
Le 2 juin 2025, l’Union européenne a publié un règlement d’exécution actant la non-approbation de l’oxyde d’éthylène en tant que substance active biocide dans le cadre du BPR (Biocidal Products Regulation – EU 528/2012). Cette décision, en vigueur à partir du 22 juin 2025, marque un tournant majeur pour toutes les entreprises et institutions qui avaient recours à ce procédé.
Pourquoi cette interdiction ?
L’OE répondait aux critères d’exclusion du BPR : cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Dans le cadre strict des biocides, son usage aurait dû être totalement interdit. Toutefois, l’UE souhaitait éviter la perturbation de la chaîne d’approvisionnement médicale — un secteur dépendant de ce gaz pour la stérilisation des dispositifs médicaux. La solution retenue a donc été de retirer l’oxyde d’éthylène du champ des biocides, et de le classer uniquement comme substance chimique industrielle, limitée aux usages strictement encadrés par le règlement sur les dispositifs médicaux (MDR 2017/745) et les réglementations pharmaceutiques.
Concrètement, cela signifie que toutes les utilisations biocides, dont la désinfection de documents, objets patrimoniaux ou archives au titre du traitement biocide, ne sont plus autorisées. Les États membres publieront prochainement des notices actant qu’aucune approbation biocide n’est possible pour cette substance.
Pour les institutions patrimoniales, les bibliothèques, les archives nationales et privées, ou encore les musées, cette évolution impose de repenser les pratiques de désinfection et de traitements curatifs. Depuis toujours, l’oxyde d’éthylène était utilisé en dernier recours pour des collections fragiles nécessitant une décontamination sans contact. Cette page se tourne définitivement.
Une transition nécessaire : quels impacts pour la conservation du patrimoine culturel ?
La fin de l’oxyde d’éthylène utilisée comme biocide ne concerne pas uniquement l’industrie : elle a un impact direct sur le secteur de la conservation et de la restauration. Pour les professionnels du patrimoine artistique et culturel, cette décision oblige à repenser des décennies de pratiques ancrées dans la chaîne de préservation.
Pour les archives, manuscrits, œuvres graphiques, textiles, photographies anciennes, documents sur papier acide, reliures fragilisées ou objets composites, l’oxyde d’éthylène avait l’avantage de diffuser en profondeur sans altérer mécaniquement le support. Mais son usage présentait aussi des limites : résidus indésirables, odeurs persistantes, délais de dégazage longs et surtout risques pour les opérateurs et l’environnement.
Avec sa disparition réglementaire en tant que biocide, de nombreuses institutions s’interrogent :
– Comment traiter des collections infestées sans les détériorer ?
– Quelles solutions alternatives existent pour remplacer ce gaz ?
– Comment concilier sécurité, efficacité et respect du patrimoine ?
Avec la disparition de l’oxyde d’éthylène comme solution biocide, les traitements physiques et mécaniques des documents et de purification de l’air deviennent essentiels.
Notre entreprise propose :
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le dépoussiérage manuel contrôlé,
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le nettoyage par aspiration filtrée (HEPA),
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le conditionnement de conservation
- la purification de l’air de vos réserves
Ces techniques permettent d’éliminer les spores, poussières, particules dans l’air et polluants et la désinfection de contact des locaux tuent les micros organismes, tout en protégeant les documents contre les risques de dégradation.
Pourquoi l’oxyde d’éthylène représentait un risque pour le patrimoine et les opérateurs
L’oxyde d’éthylène, bien qu’utilisé pendant longtemps pour la désinfection des archives et documents patrimoniaux, présentait plusieurs risques importants, tant pour les opérateurs que pour les collections elles-mêmes.
Pour les personnes en charge des traitements, l’exposition à ce gaz nécessitait des précautions. L’OE pouvait provoquer des irritations et des effets indésirables à long terme, ce qui imposait une vigilance constante et des protocoles stricts.
Du côté des collections, l’oxyde d’éthylène laissait parfois des résidus chimiques difficiles à éliminer. C’est pourquoi une phase de désorption était nécessaire. Ce phénomène rendait le stockage et la manipulation ultérieure plus délicats. Le traitement à l’OE exigeait un dégazage prolongé pour garantir que les œuvres puissent être manipulées sans danger.
Une expertise reconnue depuis 50 ans : accompagner la transition des institutions patrimoniales
Depuis près d’un demi-siècle, notre entreprise collabore avec les musées, restaurateurs, conservateurs, centres d’archives, biblitohèques, institutions publiques et maisons de luxe pour protéger des collections parmi les plus précieuses du territoire. Notre métier repose sur des valeurs fortes : rigueur, discrétion, sécurité, et respect absolu des œuvres.
L’interdiction de l’oxyde d’éthylène en tant que biocide ne nous prend pas au dépourvu. Depuis une dizaine d’année l’Europe s’interroge sur son interdiction.
Dans ce nouveau paysage réglementaire, de nombreuses institutions auront besoin d’accompagnement pour adapter leurs protocoles internes. Notre rôle est justement de :
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conseiller,
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former les équipes,
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mettre en place des stratégies de conservation préventive complètes,
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assurer le suivi à long terme.
L’abandon de l’oxyde d’éthylène est une étape décisive vers une conservation plus responsable. Mais c’est aussi l’opportunité de moderniser les protocoles, d’adopter des nouvelles technologies moins nocives pour la santé et d’inscrire la préservation des œuvres dans une démarche durable.
Les autres prestations d’Hygiène Office pour votre patrimoine :
Dépoussiérage spécialisé des archives et documents graphiques
Le dépoussiérage est une étape essentielle de la conservation. Il permet non seulement d’améliorer l’état sanitaire des œuvres, mais aussi de prévenir la réactivation de micro-organismes. Nous utilisons :
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aspiration filtrée HEPA,
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brosses douces spécifiques,
Cette prestation est particulièrement demandée par les archives, bibliothèques et centres d’archives souhaitant stabiliser leurs fonds avant restauration ou réintégration en réserve.
Anoxie : traitement de référence contre les insectes, dans le respect des matériaux
Une méthode de désinsectisation en 21 jours par privation d’oxygène. Le traitement par anoxie constitue une solution dans la gestion globale des collections. L’anoxie :
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élimine insectes et larves,
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n’altère aucun matériau,
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ne laisse aucun résidu,
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respecte les œuvres les plus sensibles.
Nous maîtrisons l’anoxie statique pour les pièces uniques et l’anoxie dynamique pour les volumes importants, caisses, mobilier ou lots.
Désinsectisation de réserves et de gros volumes
La lutte contre les insectes nuisibles du patrimoine (vrillettes, anthrènes, mites, lépismes…) nécessite de l’expertise. Nous mettons en place :
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interventions de désinsectisation pour espaces de stockage, salles d’exposition, ateliers,
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traitements de volumes importants (grandes réserves, bâtiments patrimoniaux),
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protocoles adaptés aux environnements sensibles.
Piégeage et suivi sanitaire des collections
Pour garantir une conservation durable, nous proposons aussi des stratégies de prévention :
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pose de pièges de détection,
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analyse des populations,
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plans d’actions correctifs,
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suivi annuel pour musées et archives.
Ces services s’inscrivent pleinement dans une démarche de conservation préventive moderne et responsable.
Traitement par le froid – Ice Tech : une solution non chimique pour éliminer les nuisibles et préserver les matériaux
En complément de nos techniques d’anoxie et de nos protocoles de désinsectisation spécialisés, nous proposons également le traitement par le froid, via la technologie Ice Tech, une méthode particulièrement efficace pour éliminer les nuisibles sans recours aux produits chimiques. Le traitement par le froid consiste à abaisser la température des œuvres ou des objets infestés en les plaçant dans une enceinte de traitement. Cette méthode est idéale lorsque vous êtes pressés par le temps, en 48 heures vos œuvres sont traitées.
Le procédé Ice Tech garantit :
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une absence totale de résidus sur les matériaux,
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un respect absolu de l’intégrité des œuvres, notamment textiles, mobilier ancien ou collections composites,
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une action rapide et totalement sécurisée,
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une efficacité reconnue contre l’ensemble des insectes du patrimoine (anthrènes, vrillettes, mites, lépismes, etc.).
Grâce à notre savoir-faire, le traitement par le froid s’adapte aussi bien aux pièces individuelles qu’aux lots d’objets, permettant une mise en œuvre efficace.