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Au coeur de la savane africaine se dresse une ville qui constitue un modèle de développement durable. Ses tours sont entièrement construites à partir de matériaux naturels biodégradables. Ses habitants vivent et travaillent dans des lieux climatisés et humidifiés, sans consommer un seul watt d’électricité. L’eau vient de puits profonds et les habitants subviennent à leurs besoins alimentaires en cultivant des jardins à l’intérieur de la ville. Cette métropole n’est pas seulement respectueuse de l’environnement ; avec ses murs courbes et ses arches élégantes, elle revêt aussi une certaine beauté.

Ce n’est pas une ville humaine, bien sûr. C’est une termitière.
A la différence des termites, nous autres humains nous soucions peu de concevoir des bâtiments en adéquation avec notre environnement. Maintenant que nous prenons conscience du changement climatique et de l’épuisement des ressources, la manière dont les insectes gèrent leur habitat suscite à nouveau l’intérêt.

La recherche sur les monticules construits par les termites a commencé dans les années 1960, l’entomologiste suisse Martin Lüscher a avancé l’idée que ces monticules d’apparence chaotique sont en fait des écoconstructions merveilleusement conçues. Il a notamment démontré l’existence d’un lien étroit entre le mode de construction des monticules et l’alimentation des termites. Pour maintenir la température et l’humidité à des niveaux constants tout en éliminant le dioxyde de carbone (CO2), il faut un processus d’échange gazeux très efficace. L’aération se fait par les turbulences générées par les rafales de vent qui balaient les monticules. Ce mode d’aération diffère radicalement de celui des bâtiments humains modernes, où de l’air frais est pulsé par des conduits pour rejeter l’air vicié à l’extérieur.

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    Termitière, Australie. ( http://www.flickr.com/photos/pmthibault/ )

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    Termitière, Sénégal. ( http://www.flickr.com/photos/mickaeltr/ )

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    Champ de termitières, Madagascar (http://www.flickr.com/photos/nonolela/)

Capacité des termites à adapter leurs constructions aux conditions locales: Dans des climats très chauds, par exemple, les termites enfouissent profondément leur monticule dans ce vaste dissipateur de chaleur qu’est le sol, un moyen très efficace de contrôler la température. D’autres espèces entretiennent l’humidité en déposant un mélange de bois et d’herbe mastiqués sous le monticule : ce mélange agit comme une éponge géante, capable de relâcher ou d’absorber jusqu’à 80 litres d’eau pour contrebalancer les variations d’humidité à l’intérieur du nid. Un tel procédé pourrait être utilisé pour humidifier les immeubles des régions chaudes et sèches en plaçant des réservoirs d’eau sous leurs fondations. “

Les termites arrivent à un résultat tout aussi satisfaisant en utilisant des phéromones. En mâchant des boulettes de terre pour former une sorte de ciment, les ouvriers libèrent une substance chimique qui, pendant quelques minutes, peut être perçue par ceux qui se trouvent dans leur voisinage immédiat. Il s’ensuit une réaction en chaîne dans laquelle plus le pilier s’élève, plus il devient une source importante de phéromones et plus les termites sont incités à rajouter de la boue.

Ce procédé est contraire à l’idée de conception et de contrôle des humains, qui font établir un plan par un architecte et s’y tiennent scrupuleusement.Une telle hypothèse est juste un retour aux vieilles pratiques humaines de construction organique et de conception d’habitat, dans lesquelles les additions et les modifications étaient faites au coup par coup en réponse aux circonstances.

Selon Philipp Ball le 28.04.2011 dans le new scientist

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