Le Butineur – Hiver 2017

Le Butineur – Hiver 2017

Voici la nouvelle édition du Butineur, le bulletin d’information de la ruche HYGIENE OFFICE et BEPOX Hivers 2017

HYGIENE OFFICE et BEPOX accueillent trois ruches. Les 240 000 butineuses vous ouvrent les portes de leurs alvéoles pour vous faire découvrir leur quotidien.

Un redoutable tueur en série

Vespa velutina nigrithorax : un petit nom qui sonne doux à l’oreille. Et pourtant ! Celui qu’on appelle ainsi est un redoutable tueur en série, traqué par tous les commissariats apicoles de France et d’ailleurs. Derrière ce nom de code se cache en réalité le frelon asiatique. Un individu qui fait bombance d’abeilles dès qu’il le peut. On estime que dix de ces barbares peuvent détruire une seule ruche ! Habillé en jaune et noir, mesurant 3 cm environ, il établit domicile au sommet des arbres de préférence, dans des communautés regroupant un chef, ou plutôt, une cheffe, et ses sbires. Leur stratégie est rodée : dès qu’ils repèrent un clan d’abeilles, ils sortent l’artillerie lourde, harcelant la colonie productrice de miel jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus mettre une aile dehors, faute de combattantes. A l’affût devant l’entrée de la ruche, le frelon saisit la moindre butineuse pointant le bout de son dard et l’emporte vers son nid avant de la décortiquer pour n’en garder que le corps. Ce dernier servira à nourrir ses larves. L’adulte étant quant à lui plutôt gourmand de fruits et du nectar des fleurs. Signalé en France dès 2004 dans le Sud-Ouest, il étend peu à peu sa suprématie, de 60 km par an environ.

 

frelon asiatique

Ennemis à poils et à plumes

L’abeille a beau savoir se défendre, elle ne peut pas grand-chose contre l’attaque de certains prédateurs, au premier rang desquels les oiseaux. L’hiver, par beau temps, il n’est pas rare d’observer le balai des mésanges vers l’entrée des ruches. Qu’une abeille sorte pour un vol de propreté et hop ! La voilà dans le bec du plumitif. Les pics, verts ou épeiche notamment, n’hésitent pas non plus à attaquer le bois des ruches pour atteindre les insectes qui s’y abritent. Dans la famille des insectes justement, l’abeille ne compte pas que des amis. Le frelon tente parfois sa chance dans les ruches, quitte, souvent, à y laisser sa peau. Des araignées y construisent volontiers leurs toiles, au cas où. Plus sournois, des parasites se nourrissent sur le corps des abeilles, tels le varroa, un acarien qui provoque des dégâts considérables dans les colonies. Enfin, l’abeille doit aussi chasser les grosses pattes de tous ceux qui en veulent à son miel : les hommes, bien sûr, mais aussi les blaireaux, les ours, les papillons sphinx tête de mort, les fourmis et les autres abeilles. Quant aux souris, musaraignes et mulots, ils trouvent parfois là un garde-manger inespéré en hiver !

Quand le voile s’impose

Porter le voile, pour un apiculteur, n’a rien de symbolique. Hommes, femmes et enfants, tout le monde revêt cet habit sans discuter avant d’aller ouvrir une ruche. La seule prière à faire est alors qu’il soit bien étanche… Car l’abeille profitera du moindre petit trou pour aller voir ce qu’il y a en-dessous.

Ce qu’on appelle communément «le voile» en apiculture, peut correspondre à différents éléments. Il s’agit en général de la partie voilée qui protège le visage et le cou. De la simple moustiquaire noire fixée sur un chapeau de paille au large chapeau blanc doté lui aussi d’un tel filet, toutes les variantes sont possibles. La partie grillagée est toujours noire car elle permet une meilleure vision. Dans le langage des apiculteurs, «le voile» peut également signifier la tenue de protection complète : vareuse avec chapeau intégré plus pantalon ; ou combinaison avec chapeau intégré ou chapeau indépendant.

Les plus aguerris – ou les moins peureux – ne portent rien de tout cela… mais ce n’est pas un exemple à suivre !

Brèves

Pollution de l’air : des indicatrices zélées

Ailées et zélées : les abeilles de cinq ruches servent de cobayes à Atmo Franche-Comté depuis un an et demi. Installées à Pontarlier, elles sont régulièrement suivies en tant que bio-indicateurs de polluants atmosphériques, radioactifs et phytosanitaires. Leur hypersensibilité aux polluants fait d’elles de très bons agents.

12° C

Quelle que soit la température extérieure, l’essaim doit maintenir une température de plus de 12 ° C pour pouvoir passer l’hiver. Pour y parvenir, les abeilles, serrées les unes contre les autres, bougent leurs ailes. Et pour que celles qui sont à l’extérieur de la grappe ne meurent pas de froid, elles effectuent un roulement, passant de l’extérieur à l’intérieur et ainsi de suite.

Proverbes et dictons

La douceur du miel ne console pas de la piqûre de l’abeille

 

Les conditions de la confiance

Toute action présente des risques, en entreprise comme en apiculture.

L’apiculteur intervient en milieu hostile, car les abeilles ne sont pas toujours disposées à se laisser faire et, en plus, elles sont armées ! Il va donc prendre d’abord des mesures de protection (vareuse, fumée, gestes justes…) avant de se donner la permission d’intervenir au sein de la colonie d’abeilles (examen des cadres, nettoyage, prophylaxie …). Alors seulement il va pouvoir déployer son art et engager en toute sérénité les initiatives nécessaires au soin des abeilles.

Pour développer la puissance de ses équipes, le dirigeant doit agir comme l’apiculteur : donner à chaque collaborateur un cadre à la fois protecteur et permissif. Ces conditions sont indispensables pour créer la confiance en soi et dans le management de l’entreprise. Alors chacun pourra déployer tous ses talents.

La responsabilité du manager est d’abord de donner à chacun les conditions de la sécurité et de l’audace. Alors chacun pourra donner le meilleur de lui-même dans un climat de confiance.

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